Wednesday, August 26, 2009

***Sarkozy, troisième acte...***

***La présidence Sarkozy se déroule comme une tragédie classique. Le premier acte est l'exposé des personnages et de la situation. Une nouvelle équipe prend le pouvoir, le jeune président lance une vague de ruptures.

Certaines sont certes restées inachevées (universités), d'autres ont été payées au prix fort (alignement des régimes spéciaux de retraite). Mais la France a respiré un grand coup, comme jamais depuis un quart de siècle. Ce fut l'acte des réformes. Puis un événement imprévu bouscule tout.

Le deuxième acte est bien sûr celui de la crise. Les grandes banques du pays ont failli être balayées par une tempête venue de Wall Street, les constructeurs automobiles ont frôlé l'asphyxie et le chômage est reparti brutalement à la hausse. Le président est alors devenu le commandant d'une caserne de pompiers partie à l'assaut des incendies économiques et financiers en France, en Europe, à l'international.

Aujourd'hui commence le troisième acte, marqué par deux événements à l'Elysée : la rentrée des ministres et le sermon du président aux banquiers. C'est le moment où tout reste encore possible. La toile de fond est hélas déjà connue, avec une montée dramatique du chômage. Sur scène, les urgences s'accumulent, des bonus délirants de la finance à la menace d'un virus en passant par la colère des maraîchers et la retraite des mères. Le pouvoir doit bien sûr traiter chacune de ces questions, tant la symbolique est essentielle en politique. Mais le four ou le succès de la présidence Sarkozy ne se fera pas sur les urgences.

Il se jouera dans les grandes décisions des prochains mois. Les décisions qui concernent directement l'Etat et non celles où l'efficacité de l'action publique reste à démontrer - comme la répartition de la valeur ajoutée dans les entreprises. Trois grands dossiers vont circonscrire le champ des possibles.

D'abord, l'organisation des pouvoirs, avec la refonte du découpage administratif de la France. Ensuite, les recettes de l'Etat, avec d'un côté le nettoyage de la fiscalité et de l'autre l'instauration d'une taxe carbone. Un impôt écologique bien conçu pourrait constituer un vrai atout pour la France, son échec l'alourdirait d'un nouveau boulet. Enfin, les dépenses de l'Etat, avec la capacité à définir des priorités - avec ou sans grand emprunt. Ce qui va se passer aujour d'hui donnera le ton du troisième acte Sarkozy.

http://www.lesechos.fr/info/analyses/020111503946-sarkozy-troisieme-acte.htm

JEAN-MARC VITTORI
Les ECHOS
25/08/09

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